Une belle histoire

  C’était déjà il y a plus de 30 ans. En 1969, un petit artisan constructeur aux moyens modestes, Jacques Durand, conçoit sa Jidé, un proto tout ce qu’il y a de plus sérieux, remarquablement bien étudié, avec plate-forme tubulaire intégrée à une carrosserie polyester et moteur (R8G) en position centrale, train AV de R8G Dangel, et train AR conçu à partir d’un train AV de R12G, monté à l’envers et bloqué en ligne droite. Son allure très originale accrochait le cœur de nombreux amateurs qui pouvaient s’offrir une Jidé en kit pour le plaisir ou pour courir. A l’époque, ces petites bombes qui respiraient la santé et transpiraient la passion du sport automobile, avaient pleinement le droit de s’exprimer en course. Et les Jidé marchaient fort.

En 1972, Ragnotti avait essayé pour Echappement la Jidé 1600 S d’Auxéméry. Avec 165 ch sortis du R12 Gordini à injection Lucas et un poids à vide de 640 kg, Ragnotti avait réalisé des chronos d’accélération canons 13"l aux 400 m et 25" aux 1000! Et il ne tarissait pas d’éloges quant au comportement de l’auto: "je n’ai jamais pu mettre la Jidé en défaut. Le point le plus positif, c’est la tenue de route. Les voitures à moteur central ne sont pourtant pas réputées pour leur maniabilité. Dans le cas de la Jidé ce n ‘est plus vrai... Je suis sûr qu'avec une caisse allégée et le même moteur, la victoire au scratch d’un grand rallye serait à sa portée..."

Néanmoins les Jidé restèrent pour le moins discrètes en course. Et la crise pétrolière de 1973 n’arrangea pas les choses. 140 Jidé avaient été construites jusqu’à cette date, mais J. Durand dut céder son affaire en l974 à un certain M. Baxas. Une centaine de Jidé allaient encore être produites par la suite. Aussi en 1974, J. Durand, installé désormais à Lapleau (corrèze), devait-il présenter au salon de l'auto de Paris, le proto qui succèderait à sa Jidé: la Scora (Société Corrèzienne Automobile). Son succès fut tel qu’il enregistra 80 commandes. Un second départ qui s’annonçait bien... si certains financiers avaient tenu leurs promesses... La commercialisation envisagée tomba à l’eau, et l’homologation de la Scora s’effectua à titre isolé. De 1975 à 1977, on ne devait pas dénombrer plus de 9 Scora construites. Il n’y en aura pas plus !...

C'est alors que Charly Carcreff entre en scène, en 1982, lorsqu’il rachète la Scora de Michel Durand, le fils de Jacques. Pour son premier rallye, celui de Nice, c’est J. Durand en personne qui lui fait l’assistance, heureux de trouver un amateur infiniment passionné par ses autos. Les courses se multiplient, la Scora évolue, les performances de tout premier ordre tombent. Une amitié solide se forge entre les deux hommes, et peu à peu l’idée mûrit de reconstruire des Scora.

En 1988 l'association se concrétise. Jacques Durand et son fils Michel s'installent à Argenteuil 95 avec Charly Carcreff et Dominique Nusbaum dans les nouveaux locaux de la société Carcreff Durand Compétition, afin d'y produire les nouvelles SCORA Maxi et la préparation de mécanique de compétition. Cette association s'arrêtera en 90 suite à certaines divergences de point de vue et de gestion.Ce qui n'entachera pas leur respect et considération mutuels. Après le rachat des parts et de la marque à la famille Durand,Charly Carcreff reste le dirigeant de la société et continue la fabrication de ces fameuses autos.

La numéro 41(dont 18 type1: 8 type2: 15 maxis)est sortie des ateliers officiellement référencée, numérotée avec sa plaque constructeur afin d'éviter toute contrefaçon et d'assurer à chaque propriétaire l'authenticité et la valeur de leur SCORA.

Aujourd'hui pour les amateurs de la SCORA, la société Carcreff SCORA continue de produire ces véhicules pour la compétition et développe le projet de la nouvelle SCORA LC01.

   
 
 
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